La méditation | Meditation; what it can do for you.


Je pratique la méditation depuis l’âge de vingt-huit ans. J’ai eu la chance d’être approchée par un maître dans ce domaine, monsieur Serge Lusignan. Serge a pratiqué la méditation de façon intense pendant sept ans en Inde puis est revenu à Montréal pour repartir en retraite intensive de méditation à plusieurs reprises dans ce pays. Disons que ses retraites de méditation seul ou avec un guru ont duré plus de quatorze ans. Je me rapelle bien notre rencontre. J’étais serveuse dans un restaurant végétalien branché de Montréal. La mode du “vegan” commençait et le resto était toujours plein. À cette époque, j’avais moi-même commencé une diète végétarienne. Dès le début, des changements drastiques étaient apparus dans ma façon d’être. J’était beaucoup moins aggressive. D’autre part, je n’étais pas en super forme mentalement. J’étais d’humeur dépressive. Serge qui est vegan depuis toujours était un client. Il souriait constamment. Nous avons sympatisé tout de suite. Il m’a rapidement parlé de la méditation. Je lui ai dit que je n’avais jamais essayé même si je faisais du yoga depuis plusieurs années. Il m’invita aussitôt à son studio de bien-être sur la rue St-Denis. Ambrosia était un endroit vraiment charmant, d’une autre époque avec ses couleurs pastelles et ses fleurs de lotus peinturées sur les murs. Ils offraient des massages, le sauna infra-rouge qui aide à l’élimination de toxines et métaux lourds dans le corps, des classes de méditation et de la consultation en naturopathie.

Notre première séance dura une heure. Il m’expliqua en quelques minutes comment respirer, la posture à prendre puis nous avons commencé. Une heure de méditation, les yeux fermés dans le silence total. C’est à ce moment-là que ma vie a changé. Nous nous sommes rencontrés pour méditer encore quelques fois et ce fut toujours des expériences très intenses et profondes. Je compris que cet exercice était d’une puissance inégalée. Pour une raison ou une autre, je n’ai pas souvent pratiquer par la suite et ce pendant plusieurs années. À l’occasion, lorsque je sentais que tout allait mal, je m’assoyais et fermais les yeux pendant plusieurs minutes. Chaque fois, je ressentais la puissance infinie de cette pratique mais j’arrêtais des semaines durant. Comme si s’en était trop de regarder à l’intérieur, de se connecter avec moi-même. Je n’étais pas prête à faire les changement de certains de mes comportements. Mon corps et mon esprit avaient besoin de ses pensées négatives que je ruminais sans cesse, même si elles me faisaient du tort. Selon le Dr. Joe Dispenza, nous sommes dépendants des reactions chimiques produitent dans notre corps et directement liées à nos pensées. J’étais trop habituée, voir dépendante des émotions engendrées par mes comportements négatifs et mes façons de voir la vie. J’avais besoin de cette colère, d’être défaitiste, de ne pas croire en moi à certains niveaux. Les pensées et les réactions physiques qui les accompagnaient étaient aussi puissantes que la drogue et s’en passer revenait à experimenter un genre de sevrage avec les malaises que cela implique.

Arrêter certaines ruminations endommangeantes pour la santé peut aussi amener à ressentir un vide. Si je ne crie plus pour me faire entendre, qui suis-je? Si je n’ai plus cette réaction de désespoir de l’être aimé lorsque je suis moi-même désespérée, comment savoir s’il tient à moi? La méditation me rappelait que plusieurs de mes comportements étaient malsains et allaient à l’encontre de la meilleure version de moi-même que je contemplais à l’occasion. Je devais changer. Voilà un des réels défis de la méditation. Ce n’est pas le fait de s’asseoir et de fermer les yeux pendant une vingtaine de minutes qui cause un problème. Rester immobile, le regard tourné vers l’intérieur est le réel défi pour quiconque essaie d’oublier qui il ou elle est vraiment, avec son passé, son présent et sa vision du futur, de sa vie rêvée. La méditation au quotidien nour ramène à notre essence en tant qu’être qui n’est certainement pas cette personne qui crie de désespoir ou blesse le gens autour d’elle. Notre être est unique à chacun et en même temps très semblable d’un humain à l’autre. Surtout, cet être à une vision depuis l’enfance de son futur, de ce qu’il souhaite accomplir dans la vie. Nous l’oublions au fur et à mesure que l’on grandit, ensevelie de responsabilités débilitantes, parfois vides de sens mais surtout vides d’intelligence émotionnelle. Notre environnement nous fait porter des lunettes qui teintent notre vision de couleurs artificielles. Se plonger à l’intérieur de soi-même en méditant environ vingt minutes par jour nous fait prendre conscience des besoins dans nos vies, de notre valeur et de notre beauté en tant qu’être vivant.

S’arrêter pour méditer devient un outil de bien-être puissant. Cela peut aussi remettre plusieurs comportements en question. On prend lentement ou rapidement conscience de qui l’on est vraiment, des rêves abandonnés, des façons d’être qui ne nous conviennent plus. On fait progressivement la paix avec qui l’on est. Ce moment contemplatif nous rappelle l’immensité et la puissance de la vie. On peut se nourrir de cette force pour se dépasser soi-même et embrasser son émancipation personnelle.

Pour terminer, aucune séance de méditation ne se termine par l’envie de détruire l’autre ou la planète. Ceux qui décident de ne pas s’asseoir quelques minutes par jour pour méditer n’alimentent pas la paix mais plutôt l’ego. Celui-ci n’a pourtant pas été créé par eux mais bien par leur environnement depuis l’enfance. La perte de leur propre identité peut les rendre frustrés et malheureux. Cela engendre des comportements auto-destructifs et dangereux pour les autres. La méchanceté vient de ce qui n’est pas nourrit à la source, c’est-à-dire le calme, l’amour de soi, la gratitude et la vision d’épanouissement unique à chacun et possible à travers la méditation.

Je crois que clarté mentale qu’apporte la méditation dès les premières fois nous fait prendre conscience que notre mode de vie doit changer. Si vous êtes prêts à relever le défi, trouvez-vous un coin calme dans la maison, un coussin ferme et haut d’environ dix centimètres, assoyez-vous les jambes croisées en indien, fermez les yeux et respirez à fond. Bon voyage.

I have been practicing meditation since the age of twenty-eight. I was fortunate enough to be approached by a master in this field, Mr. Serge Lusignan. Serge practiced meditation intensely for seven years in India and then came back to Montreal to go on intensive meditation retreats several times in that country. His meditation retreats alone or with a guru must have lasted more than fourteen years. I remember our meeting well. I was a waitress in a trendy vegan restaurant in Montreal. The "vegan" movement was young and the restaurant was always full. At that time, I had started a vegetarian diet myself. Right from the beginning it made drastic changes in my way of being. I was much less aggressive but on the other hand, I wasn't in great shape mentally. I was in a depressed mood. Serge, who has always been a vegan, was a client. He smiled constantly. We hit it off right away. He quickly told me about meditation. I told him that I had never tried it even though I had been doing yoga for several years. He immediately invited me to his wellness studio on St-Denis Street. Ambrosia was a really charming place, from another time with its pastel colors and lotus flowers painted on the walls. They offered massages, the infrared sauna that helps eliminate toxins and heavy metals from the body, meditation classes and naturopathic consultation. Our first session lasted one hour. He explained to me in a few minutes how to breathe, the posture to take and then we started. One hour of meditation, eyes closed in total silence.

That's when my life changed. We met to meditate a few more times and it was always a very intense and deep experience. I understood that this exercise had an unparalleled power. For one reason or another, I didn't often practice afterwards for many years. Occasionally, when I felt things were not going well, I would sit down and close my eyes for several minutes. Each time I felt the infinite power of this practice but I would stop for weeks at a time as if it were too much to look inside and connect with myself. I wasn't yet ready to make the changes necessary in some of my behaviors. My body and mind clung to negative thoughts that I kept brooding over, even though they were hurting me. According to Dr. Joe Dispenza, we are dependent on the chemical reactions produced in our bodies that are directly related to our thoughts. I was too accustomed to, or even dependent on, the emotions generated by my negative behaviours and ways of looking at life. I felt that I needed this anger, that I needed to be defeatist and not to believe in myself on certain levels. The thoughts and the physical reactions that accompanied them were as powerful as a drug and to do without them was to experience a kind of withdrawal with the discomfort that it implies.

Stopping certain health-damaging ruminations can also lead to a sense of emptiness. If I no longer scream to be heard, who am I? If I no longer have the desperate reactions of my loved ones when I am desperate myself, how do I know if he or she cares about me? The meditation reminded me that many of my behaviors were unhealthy and went against the best version of myself to which I aspired . I needed to change. This is one of the real challenges of meditation. It's not sitting down and closing your eyes for twenty minutes or so that causes a problem. Staying still, looking inward is the real challenge for anyone trying to forget who he or she really is. We still have a past, present and vision of the future and a dream life. Nourished daily meditation brings us back to our essence as beings who are certainly not those who cry out in despair or hurt the people around us. Our experience is unique to each of us and at the same time very similar from one human being to another. Above all, this being has a vision since childhood of his future, of what he wishes to accomplish in life. We forget this as we grow up, burdened by debilitating responsibilities that sometimes seem empty of meaning but above all empty of emotional intelligence. Our environment makes us wear glasses that tint our vision with artificial colours. Immersing oneself in meditation for about twenty minutes a day makes us aware of the needs in our lives, of our value and beauty as living beings.

Stopping to meditate becomes a powerful tool for well-being. It can also challenge many behaviours. We slowly or quickly become aware of who we really are, of abandoned dreams, of ways of being that no longer suit us. We gradually make peace with who we are. This contemplative moment reminds us of the immensity and power of life. We can nourish ourselves with this strength to surpass ourselves and embrace our personal emancipation.

Finally, no meditation session ends with the desire to destroy the other or the planet. Those who decide not to sit down for a few minutes a day to meditate do not nourish peace but rather the ego. The ego was not created by them but by their environment since childhood. The loss of their own identity can make them frustrated and unhappy. This leads to self-destructive and dangerous behaviour for others. Meanness comes from what is not nourished at the source, i.e. calm, self-love, gratitude and the vision of fulfilment that is unique to each person and possible through meditation.

I believe that the mental clarity that meditation brings from the very first times makes us aware that our way of life must change. If you are ready for the challenge, find a quiet corner in the house, a firm cushion about ten centimeters high, sit cross-legged, close your eyes and take a deep breath. Have a good trip.

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