La méditation | Meditation; what it can do for you.

April 11, 2020

 

 

Je pratique la méditation depuis l’âge de vingt-huit ans. J’ai eu la chance d’être approchée par un maître dans ce domaine, monsieur Serge Lusignan. Serge a pratiqué la méditation de façon intense pendant sept ans en Inde puis est revenu à Montréal pour repartir en retraite intensive de méditation à plusieurs reprises dans ce pays. Disons que ses retraites de méditation seul ou avec un guru ont duré plus de quatorze ans. Je me rapelle bien notre rencontre. J’étais serveuse dans un restaurant végétalien branché de Montréal. La mode du “vegan” commençait et le resto était toujours plein. À cette époque, j’avais moi-même commencé une diète végétarienne. Dès le début, des changements drastiques étaient apparus dans ma façon d’être. J’était beaucoup moins aggressive. D’autre part, je n’étais pas en super forme mentalement. J’étais d’humeur dépressive. Serge qui est vegan depuis toujours était un client. Il souriait constamment. Nous avons sympatisé tout de suite. Il m’a rapidement parlé de la méditation. Je lui ai dit que je n’avais jamais essayé même si je faisais du yoga depuis plusieurs années. Il m’invita aussitôt à son studio de bien-être sur la rue St-Denis. Ambrosia était un endroit vraiment charmant, d’une autre époque avec ses couleurs pastelles et ses fleurs de lotus peinturées sur les murs. Ils offraient des massages, le sauna infra-rouge qui aide à l’élimination de toxines et métaux lourds dans le corps, des classes de méditation et de la consultation en naturopathie.

Notre première séance dura une heure. Il m’expliqua en quelques minutes comment respirer, la posture à prendre puis nous avons commencé. Une heure de méditation, les yeux fermés dans le silence total. C’est à ce moment-là que ma vie a changé. Nous nous sommes rencontrés pour méditer encore quelques fois et ce fut toujours des expériences très intenses et profondes. Je compris que cet exercice était d’une puissance inégalée. Pour une raison ou une autre, je n’ai pas souvent pratiquer par la suite et ce pendant plusieurs années. À l’occasion, lorsque je sentais que tout allait mal, je m’assoyais et fermais les yeux pendant plusieurs minutes. Chaque fois, je ressentais la puissance infinie de cette pratique mais j’arrêtais des semaines durant. Comme si s’en était trop de regarder à l’intérieur, de se connecter avec moi-même. Je n’étais pas prête à faire les changement de certains de mes comportements. Mon corps et mon esprit avaient besoin de ses pensées négatives que je ruminais sans cesse, même si elles me faisaient du tort. Selon le Dr. Joe Dispenza, nous sommes dépendants des reactions chimiques produitent dans notre corps et directement liées à nos pensées. J’étais trop habituée, voir dépendante des émotions engendrées par mes comportements négatifs et mes façons de voir la vie. J’avais besoin de cette colère, d’être défaitiste, de ne pas croire en moi à certains niveaux. Les pensées et les réactions physiques qui les accompagnaient étaient aussi puissantes que la drogue et s’en passer revenait à experimenter un genre de sevrage avec les malaises que cela implique. 

 

Arrêter certaines ruminations endommangeantes pour la santé peut aussi amener à ressentir un vide. Si je ne crie plus pour me faire entendre, qui suis-je? Si je n’ai plus cette réaction de désespoir de l’être aimé lorsque je suis moi-même désespérée, comment savoir s’il tient à moi? La méditation me rappelait que plusieurs de mes comportements étaient malsains et allaient à l’encontre de la meilleure version de moi-même que je contemplais à l’occasion. Je devais changer. Voilà un des réels défis de la méditation. Ce n’est pas le fait de s’asseoir et de fermer les yeux pendant une vingtaine de minutes qui cause un problème. Rester immobile, le regard tourné vers l’intérieur est le réel défi pour quiconque essaie d’oublier qui il ou elle est vraiment, avec son passé, son présent et sa vision du futur, de sa vie rêvée. La méditation au quotidien nour ramène à notre essence en tant qu’être qui n’est certainement pas cette personne qui crie de désespoir ou blesse le gens autour d’elle. Notre être est unique à chacun et en même temps très semblable d’un humain à l’autre. Surtout, cet être à une vision depuis l’enfance de son futur, de ce qu’il souhaite accomplir dans la vie. Nous l’oublions au fur et à mesure que l’on grandit, ensevelie de responsabilités débilitantes, parfois vides de sens mais surtout vides d’intelligence émotionnelle. Notre environnement nous fait porter des lunettes qui teintent notre vision de couleurs artificielles. Se plonger à l’intérieur de soi-même en méditant environ vingt minutes par jour nous fait prendre conscience des besoins dans nos vies, de notre valeur et de notre beauté en tant qu’être vivant.

 

S’arrêter pour méditer devient un outil de bien-être puissant. Cela peut aussi remettre plusieurs comportements en question. On prend lentement ou rapidement conscience de qui l’on est vraiment, des rêves abandonnés, des façons d’être qui ne nous conviennent plus. On fait progressivement la paix avec qui l’on est. Ce moment contemplatif nous rappelle l’immensité et la puissance de la vie. On peut se nourrir de cette force pour se dépasser soi-même et embrasser son émancipation personnelle.

 

Pour terminer, aucune séance de méditation ne se termine par l’envie de détruire l’autre ou la planète. Ceux qui décident de ne pas s’asseoir quelques minutes par jour pour méditer n’alimentent pas la paix mais plutôt l’ego. Celui-ci n’a pourtant pas été créé par eux mais bien par leur environnement depuis l’enfance. La perte de leur propre identité peut les rendre frustrés et malheureux. Cela engendre des comportements auto-destructifs et dangereux pour les autres. La méchanceté vient de ce qui n’est pas nourrit à la source, c’est-à-dire le calme, l’amour de soi, la gratitude et la vision d’épanouissement unique à chacun et possible à travers la méditation.

Je crois que clarté mentale qu’apporte la méditation dès les premières fois nous fait prendre conscience que notre mode de vie doit changer. Si vous êtes prêts à relever le défi, trouvez-vous un coin calme dans la maison, un coussin ferme et haut d’environ dix centimètres, assoyez-vous les jambes croisées en indien, fermez les yeux et respirez à fond. Bon voyage.